29 septembre 2012 0 Commentaire

Les femelles aiment les beaux dessins :)

Le photographe japonais Yoji Ookata a découvert – et
résolu – un étonnant mystère : un petit poisson-globe sculpte sur le sable au fond de l’eau de superbes labyrinthes
symétriques. On les croirait faits de main d’Homme et ils servent semble-t-il à
attirer madame et à protéger les œufs.

Ses photos font le tour du monde : par 25 m de fond, au large
de l’île Amami-Ōshima, loin au sud du Japon, Yoji Ookata a
découvert des dessins circulaires sculptés dans le sable, à la symétrie à peu
près parfaite et d’environ 2 m de diamètre.

Un artiste humain pourrait en être fier et ces œuvres ont
immédiatement été qualifiées de « crop circles », du nom de ces fresques immenses réalisées
dans des champs cultivés par abattage sélectif des plants, visibles d’avions et que des esprits romantiques aiment à
attribuer à des extraterrestres farceurs.

Photographe professionnel du monde sous-marin, Yoji Ookata a voulu avoir le fin
mot de l’histoire et s’est adjoint l’aide de collègues et d’une équipe de la
chaîne de télévision japonaise NHK, qui en a d’ailleurs fait un documentaire,
La découverte du siècle : le mystère des cercles
sous-marins
. Ce n’est pas la première fois que des plongeurs tombent

par hasard sur des étrangetés inconnues de la science. L’an dernier, Scott
Gardner observait et filmait un poisson utilisant un outil.

Le créateur de ces œuvres sous-marines a rapidement été
débusqué : c’est un tétrodon, un de ces poissons-globes qui se gonflent pour
échapper à un prédateur. Ils recèlent souvent du poison et c’est à ce groupe
qu’appartient le célèbre fugu, prisé des Japonais malgré son poison mortel et qui
impose un découpage très précis avant d’être consommé

Les femelles aiment les beaux dessins

Le poisson réalise sa sculpture en nageant un peu sur le côté
et en frétillant beaucoup. Le sable est creusé en un sillon tandis que se
forment parallèlement des petites dunes. Les observateurs l’ont même vu croquant
des petits coquillages pour en disposer les restes, comme pour souligner ses
dessins !

Pour quels spectateurs est faite cette œuvre d’art ? Pour les
femelles de l’espèce, car l’auteur est semble-t-il toujours
un mâle. Les observations ont montré que les sculptures ont d’autant plus de
succès auprès des femelles que les dessins sont plus complexes. Si tout se passe
bien, l’accouplement a lieu au centre du cercle et
c’est là qu’incuberont les œufs

Un mystère résolu… parmi tant d’autres

Les dessins joueraient alors un double rôle, expliquent les
observateurs de cet étonnant comportement. Les sillons et les bosses de sable
limiteraient les mouvements d’eau et réduiraient le risque que
les œufs se dispersent. De plus, les fragments de coquilles disséminés dans les couloirs de ce
labyrinthe ne seraient pas là dans un souci d’esthétique mais pour nourrir les larves
fraîchement écloses.

Voilà donc le mystère éclairci mais les zoologistes ont sans
doute encore des questions sans réponse, peut-être, par exemple, la confirmation
du rôle protecteur de ces structures fragiles ou encore le nombre d’espèces
réalisant ce genre d’exploit artistique. Et l’océan cache sans doute bien
d’autres énigmes de ce genre !

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